Bővebb ismertető
Préface
Il n'est guere de chapitre de cet ouvrage qui ne souleve des problemes de conscience; il n'en est guere qui n'enregistre des vibrations qui se sont prolongées jusqu'a nous. Non pas que tout commence en 1715 ; nous avons nous-memes dans une précédente étude, daté des environs de 1680 les débuts de la crise de la conscience européenne; d'autres ont montré, depuis, par quelles routes la pensée de la Renaissance rejoignait celle du dix-huitieme siecle Mais a partir de 1715 s'est produit un phénomene de diffusion, sans égal. Ce qui végétait dans l'ombre s'est développé au grand jour; ce qui était la spécidation de quelques rares esprits a gagné la foule; ce qui était timide est devenu provoquant. Héritiers surchargés, l'Antiquité, le Moyen Age, la Renaissance, pesent sur nous; mais c'est bien du dix-huitieme siecle que nous sommes les descendants directs.
Mais le soin d'établir des rapports et de tirer des conclusions, nous le laissons a d'autres. Nous n'avons pas voulu jouer le rôle de prophete du passé; encore moins de doctrinaire; encore moins de partisan. Les faits, non pas tels qu'ils auraient du etre, tels qu'ils auraient pu etre, mais tels qu'ils ont été : voila seulement ce que nous avons cherché a saisir. Nous n'avons pas eu de loi plus impérieuse que de les rendre dans leur vérité objective; nous n'avons pas eu de souci plus cher que d'etre fidele a l'histoire.
Le spectacle auquel nous avons assisté est celui-ci. Une grande clameur critique s'éleve d'abord; les nouveaux venus reprochent a leurs devanciers de ne leur avoir transmis qu'une société mal faite,
i. M. Rossi, Aile fonti del deismo e del materialismo moderni, Fircnze. 1942 — R. Lenoble, Mer senne ou la naissance du mécanisme, 1943. — R. Pintard, Le libertinage érudit dans ia premiere moitié du XVIl^ siecle, 1943.