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La Reine Morte a ete créée a la Comédîe-Vrançaue en ig42, M. Jean-Loms Vaudoyer étant adminiHrateur général. 'Bile fut, avec Le Soulier de Satin de Claudel^ k plus grand succes théâtral en France sous Voccupation.La piece fut retirée de Vaffiche apres la centieme représentation, alors qu'on la jouait encore a bureaux fermés, par suite de la nécessité ou ron était de créer sans tarder Le Sou-Her de Satin.Deux tournées la représenterent alors successivement dans une soixantaine de villes de province françaises. Elle fut jouée aussi par les prisonniers français dans plusieurs oflags et Halags.Reprise a la Comédie-Française en ig48, elle y a été jouée depuis régulierement. L,a co?npagnie Noël Vincent Va de nouveau emmenée en tournée en France et a r étranger en igsi.Depuis la fin de la guerre, La Reine Morte a été jouée souvent par des étudiants (Universités Zoffingue en Suisse, Eckelfyck en Belgique, Universités de Montpellier et d^Aix en France), par des écoliers, etc Elle a été représentée par des troupes professionnelles en Allemagîie, en Suisse, en Hollande, en 'Belgique, au Brésil. Les droits en ont été acquis également pour VAutriche, la Suede, la Norvege, le Danemark, la Finlande, la Suisse allemande, la Hongrie et l'Espagne.Une fois satisfaite cette cufîosité du spectateur devant les péripéties du drame, cette attention de Fama-teur de catastrophes, qui n'eSt ni basse, tii honteuse, mais qui détourne de la nuance et rend inattentif aux beautés les plus secretes, il eSt bon de lire ILa Keine Morte. Ce qui frappe le plus, dans cette leLi;ure, c'eSt rétonnante liberté dont M. de Montherlant fait preuve a Tégard de ses personnages. Ines, Pedro, l'Infante, le Roi Ferrante sont dénudés avec une franchise qui ne s'exerce que rarement sur les personnages historiques. Ceux-ci, au théâtre, nous parviennent presque toujours boursouflés par le respect du poete, déformés par sa haine, eStompés par sa prudence, ou " romancés embarqués pour des fins Striilement théâtrales dans des iîâ:ions ardentes sans rapports avec le réel.Qu'on pense a Don Carlo si Le monde de reveries qui se cristallise autour du Marquis de Posa, le conflit amoureux qui oppose Philippe II a son fils, toute cette fievre humanitaire et romanesque retranche le drame des perspeâives de l'histoire et le range parmi les chefs-d'ouvre de l'imagination créatrice. Chez le jeune Schiller, la transposition eSt heureuse et magnifiante. Mais qu'on songe a Henry VIII : la figure du roi, repensé par le plus grand poete des temps modernes, s'offre a nous sans relief ni étrangeté. C'eSt un pour-