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UNE RÉVOLUTION
ANTITOTALITAIRE
par
RAYMOND ARON
« La seule contre-révolution qui ait eu lieu est celle que les autorités soviétiques ont opérée quand, avec des forces armées d'une supériorité numérique écrasante, elles ont remplacé le régime SO' cialiste mais démocratique qui était en train de se former en Hongrie par un Etat policier. »
Rapport du Comité de l'O.N.U. (p. 65).
"T ~r N an s'est écoulé depuis les jours tragi-I ques de novembre 1956, ou les tanks I russes, par le fer et par le feu, répri-maient la révolution hongroise, cependant que les avions français et anglais écrasaient sous les bombes les aérodromes égyptiens. Les hommes d'Etat français et anglais, qui, probablement jugerent le moment favorable a leur entreprise, portent la responsabilité d'une aberration, que leur insigne médiocrité explique sans l'excuser. Nous avons touché alors le fond du désespoir politique, révoltés contre tout et contre
tous, aussi peu enclins a partager la vertueuse indignation des Etats-Unis contre leurs alliés qu'a pardonner le machiavélisme primaire de nos gouvernants. fCa révolution hongroise appartenait a l'histoire imiverselle, la nationalisation du canal de Suez était vm épisode du conflit entre le monde arabo-musulman et les Occidentaii^ L'histoire sera sévere non pour les intentions mais pour l'aveuglement des ministres français et anglais.
Un an suffit, hélas ! a calmer les indignations, a rassurer les consciences. M. Vercors a, des
Raymond Aron avait eu, avant la guerre, une carriere normale d'universitaire. Eleve de l'Ecole Normale Supérieure, de 1924 a 1928, agrégé de philosophie, il avait continué ses études en Allemagne enfi^ 1930 et 1933. Il avait ensuite enseigné au lycée du Havre avant de devenir secrétaire du Centre de Documentation sociale de l'Ecole Normale Supérieure et d'etre nommé, en 1939, maître de conférences de philosophie sociale a la Faculté des Lettres de Toulouse.
Ayant gagné l'Angleterre apres la campagne de France, en juin 1940, il fut rédacteur en chef de la revue mensuelle « La France Libre ». Rentré en France, il fut amené, par hasard, a écrire des articles dans « Combat », qu'il quitta en meme temps que Pascal Via et Albert Camus.
Raymond Aron est aujourd'hui titulaire d'une chaire de sociologie a la Sorbonne et collabore régulierement au « Figaro », ou il traite de problemes économiques et diplomatiques.
Engagé dans les batailles politiques, il n'a jamais sollicité aucun mandat.
Parmi les nombreux ouvrages qu'il a publiés, citons :
— « La Sociologie allemande contemporaine » (1935).
— « Introduction a la philosophie de l'histoire » (1938).
— « Le Grand Schisme » (1948).
— « Les Guerres en chaîne » (1951).
— « L'Opivim des intellectuels » (1955).
Et, il y a quelques semaines :
— « Espoir et peur du siecle ».
— « La Tragédie algérienne ».