Bővebb ismertető
a sculpture moderne ne cherche pas a échapper a la forme; en fait, elle est la voie qui mene a une inté-
gration de la forme. Ou bien, elle est déja l'intégration meme. Dans la recherche passionnée d'un profil
de plus en plus universel, recherche renouvelée par l'impressionnisme, les rapports avec le monde réel reposaient sur les fondements trompeurs du subjectivisme. C'était la le dernier compte que réglait l'oeil avec sa fonction naturelle. Nous voyons devant nous les portes largement ouvertes, aux dépens d'un monde disparu de souvenirs (de quelqu'un ou de quelque chose) a un rationalisme nouveau. En effet, qu'est, au fond, la condensation des éléments plastiques, sinon une montée vers des proportions et des formes harmonisant parfaitement avec notre époque de géométrie et de mécanique? Il serait vain de chercher, sous le ciel de l'industrialisation, une justification a une fuite dans l'apparent et la fantaisie; l'impitoyable discipline faite de chiffres et d'analyses a émoussé le ciseau qui a sculpté les gracieux corps de femmes et ceux des héros des arcs de triomphe.
Le compte qui se regle avec l'académisme n'a pas commencé a partir de la forme; ses racines remontent de l'établissement de la masse. Il vient du dedans, apparaît sur une scene presque invisible, utilisant cet élan vital de la matiere avec lequel, autrefois, un Michel-Ange émerveilla ses contemporains. Nous sommes moins enclins a l'hésitation, car les forces centripetes de la sculpture des Bourdelle, Lipchitz ou Gaston Lachaise n'ont rien a voir avec la psychologie d'un personnage bien déterminé. Leur autorité est au-dessus des styles et des écoles.
La sculpture moderne yougoslave commence avec Ivan Mestrovic. Cependant, il reste encore dans les limites du classique. Aussi ne sera-ce que dans les nus beaux et lyriques d'inspiration de Frane Krsinic que nous découvrirons l'inquiétude qui annonce une époque ou l'harmonie entre les valeurs tectoniques et les surfaces sera dérangée au profit d'une conception nouvelle du modelage. La sculpture de Frane Krsinic repose cependant toujours, sur les fondements d'une esthétique formelle; elle use d'une facture lisse, ainsi que des avantages offerts par différents matériaux. Cependant, le germe est déja dedans; on le trouve dans la disposition des surfaces éclairées, dans la profondeur de la pierre ou du bronze, dans la maniere de justifier et de défendre par la facture le modelage. Il apparaîtra, peut-etre, ici ou la: dans une douce déformatiéfiî; dans un corps gracieusement étiré, dans un mouvement inattendu de la tete ou des épaules, dans un prédimensionnement d'une modération heureuse. Il semble, a premiere vue, que le bouclier de l'inspiration classique reste encore toujours intact. Et pourtant, chez Antun Augustincic, ce n'en est plus le cas. Sa sculpture ne compte plus sur les valeurs tactiles. Sous les surfaces lisses ou travaillées de ses nus ou de ses figures, une certaine force tectonique agit d'une maniere opiniâtre et inévitable. Cet artiste reste proche de Mestrovic, mais il a dépassé celui-ci par la stylisation d'une forme évoluée, par sa maîtrise et sa forme des valeurs plastiques qui se développent chez lui immédiatement de la masse. Ce n'est plus alors la recherche d'une expression, c'est la naissance d'un style, d'une conception unique tirée de la multitude des faits. Parfois cette réduction de la température mene au monumental; et chez Augustincic, c'est bien de quelque chose de monumental qu'il s'agit. Sa composition est dépourvue de toute ampleur exagérée, aussi bien pour ce qui est du theme que pour ce qui est du style: l'artiste a choisi les points pour donner l'assaut et il y a établi la fraîcheur de son inspirations et la précision décisive de son acte.
Le développement de la forme ne doit pas aller a l'encontre de certains avantages esthétiques. Sreten Sto-janovic, par exemple, garde, dans ses conceptions essentielles, une clarté et une conscience^ dignes de Donatello. Son art, cependant, réside dans les valeurs auxquelles il atteint par la synthese de ses volumes et, également, dans ses portraits, par une psychologie fine et ténue. Il aime les surfaces troublées et pittoresques, qui rayonnent de lumiere ou découvrent leur caractere dans une ombre; le modelage souple et puissant de ses portraits, ses élégants nus féminins, sa composition rythmique des reliefs, ses nobles profils de médaille, ses robustes corps d'hommes taillés dans le bois, tout cela est a la fois sculpture, émotion et réflexion.
Dans ses sculptures dans des bois précieux, en pierre et en bronze, Risto Stijovic indique une direction qui est juste l'opposé de l'analyse. Les masses serrées dans de larges surfaces, avec les mouvements retenus et les membres lents des corps féminins, composent une suite plaisante au modelage léger et aux sourires archaiques. Ses jeunes filles et ses oiseaux ont ce charme inévitable des etres poétisés; et, pourtant, sous la nudité et le reflet de sa matiere on sent déja un écart dans la stylisation et la généralisation de la forme. Stijovic est sans aucun doute sur la voie d'une intéressante synthese des éléments plastiques, synthese qui est prete a s'écarter des conceptions réalistes. Cependant, la n'est pas encore le moment du reglement définitif des comptes. Lojze Dolinar, par exemple, remet a plus tard la solution dans une maniere de composer expressive. La masse a