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AVANT.PROPOS
Il peut paraître surprenant que je dédie ce travail a la mémoire de Pierre de Saint-Jacob alors que je n'ai eu le privilege d'etre ni son éleve, ni son étudiante. Arrivée apres sa mort en Bourgogne, j'ai vécu dans l'intimité de son ouvre et j'ai pu ainsi mesurer quel historien de premier plan, quel infatigable chercheur, quel humaniste aussi, avait été Pierre de Saint-Jacob.
Je ne connaissais rien de la vie rurale n'ayant pas, jusque-la, quitté Paris, et ma nomination provinciale m'apparaissait comme un exil. C'est a Pierre de Saint-Jacob que je dois d'avoir découvert non seulement la douceur âcre des paysages bourguignons, mais encore et surtout le dur travail des campagnes. Que de fois, voyant inscrits sur les cimetieres de l'Auxois, les memes noms que ceux qu'on releve sur les rôles de tailles de 1789, ne me suis-je remémorée les pages de sa these consacrées a la vie des paroisses rurales, a cette vie rythmée par le retour des saisons, par quelques fetes venues du fond des âges et par la mort présente partout.
Car Pierre de Saint-Jacob avait plus que quiconque le sens du récit, de la belle écriture, de l'évocation suggestive. Qui de nous n'a pas en tete son chapitre, désormais classique, sur la seigneurie, son organisation, ses rythmes et son évolution ! A l'art du récit, Saint-Jacob joignait une rare science de la synthese.
Il m'est arrivé souvent, en ouvrant aux archives départementales de la Côte-d'Or un dossier qu'il avait consulté et rencontrant un document a mes yeux nouveau, de me dire que c'était la un texte qui avait échappé a