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chapitre 11Les sources aristotéliciennes de rhégélianismeUn exposé exhaustif de ce que fut le développement de l'historicisme et de ses rapports avec le totalitarisme pendant la période allant de Platon a Hegel et a Marx dépasserait les limites assignées au présent ouvrage. C'est pourquoi je me bornerai a étudier la maniere dont Aris-tote, reprenant l'essentialisme de Platon, a influencé l'historicisme de Hegel et, partant, celui de Marx. Le lecteur, quant a lui, n'y perdra pas grand-chose, car Aristote, malgré l'immensité de son savoir, n'était pas un esprit vraiment original; il a surtout ajouté au bagage platonicien une certaine systématisation, plus un vif intéret pour les problemes empiriques et l'histoire naturelle. Certes, il fut l'inventeur de la logique, et, a ce titre comme a quelques autres, il mérite amplement les remerciements qu'il se décernait a lui-meme a la fin de ses Réfutations sophistiques, comme il mérite aussi notre indulgence pour ses insuffisances. Celles-ci, il est vrai, apparaissent formidables aux admirateurs de Platon.IDans quelques-uns des derniers écrits de Platon on trouve l'écho de la situation politique a Athenes, alors marquée par une consolidation de la démocratie. Il semble se demander si, apres tout, une certaine sorte de démocratie n'y est pas définitivement installée. Pour Aristote, au contraire, le doute n'existe plus, et, bien qu'il n'éprouve aucune sympathie pour le régime, il le croit néanmoins inévitable; et il est pret a transiger avec l'ennemi.Ce penchant pour le compromis, s'accompagnant d'ailleurs d'une tendance non moins marquée a critiquer ses prédécesseurs et ses contemporains, a commencer par Platon, est un des traits caractéristique de l'ouvre encyclopédique d'Aristote. On n'y trouve aucune