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PRÉFACE
J'avais lu La Vieille Fille jadis, a une époqne oú je n'écrivais pas de román; c'est-á-dire que je l'avais lu en lecteur, qui a des sensations vives, mais qui ne va pas au-deláf qui ne songé pas á regarder comment c'est fait pour ne pas atténuer son plaisir. Dans ma lecture d'av jourd'hui, j'ai pris garde, et fai vu le román se fairé ainsi qu'une statue sortant peu á peu de la terre glaise. Du reste beaucoup de livres de Balzac jaillissent ainsi. On suit quasiment les coups de pouce et les coups de ciseau du sculpteur. On voit la forme qui se dégage, la signification qui vient. La main de l'artiste est souve-raine; de chacun de ses mouvements nait une forme vraie, qui s'ajoute aux précédentes. Enfin, ces milliers de formes successives se fondent tout á coup en une seule grandé forme : le román cesse d'étre une descrip-tion de lieux et d'étres pour devenir crise, tourbillon, tragédie. On ne sait ce qui est le plus beau, de ces immenses expositions de Balzac, oú il dresse Vinventaire du monde et des hommes, ou bien de ces brefs dénoue-ments oú la pensée explose. Tout est beau, ma foi, parce que tout est vrai. La vie propéde de cette fagon mérne; je veux dire que le monde nous est donné, qu'il nous entoure comme un diorama dont nous connaissons les moindres détails; et soudain le diorama se dérégle et se convulse. Balzac saisit et rend supérieurement ce