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JL/E 26 juin, le patron m'appela; c'était pour me mettre a la porte. Je me souviens bien de cette date. C'était un jeudi. Il faisait beau. J'étais arrivé en retard le matin et toute la matinée j'avais regardé le ciel par-dessus les maisons. Je n'avais rien fait depuis six semaines, le bureau m'assommait, je ne me plaignais guere de mon sort et je me dis seulement que mes vacances commençaient.
Je ne déteste pas ces lendemains de déluge qui vous rendent une vie neuve. Si les catastrophes m'amusent, c'est qu'elles font sombrer le passé. Il n'est pas mauvais d'etre aidé, malgré soi, a se débarrasser de chaînes et de souvenirs qu'épargneraient la lâcheté, la routine ou l'abrutissement. Il y a des écroulements dont il faut bénir le ciel. Quand la maison s'effondre, on est tout joyeux d'etre en vie. Je sentais les habitudes en moi céder la place a l'insolence et mille chemins s'ouvrir a travers les décombres.
— Qu'est-ce que vous allez faire ? me dit Bermot.
Bermot avait trois enfants, une moustache et des opinions sur l'existence qui me paraissaient toujours inutiles. Il faut dire que peu de choses au monde ne me paraissent pas inutiles. C'est presque une manie chez moi de sarcler ma vie