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Voila déja plus de deux cents ans que l'Ermitage a Léningrad, un des plus grands musées du monde, abrite et permet d'étudier les trésors de la culture de la civilisation mondiale.
Il fut créé en 1764 et dix ans plus tard sa splendeur et sa richesse émerveillaient les visiteurs qui le parcouraient; il était considéré comme l'une des plus grandes galeries de tableaux de cette époque, rassemblant les chefs-d'ouvre des maîtres de la peinture mondiale.
A la fin du XVIIP siecle, on édifia le Petit Ermitage afin d'y exposer les collections d'art. Ce nouveau bâtiment était constitué de deux pavillons (sud et nord) reliés par un jardin suspendu flanqué de deux galeries que l'architecte Giacomo Quarenghi destina a l'exposition de tableaux. Le pavillon nord était conçu comme un « lieu solitaire » rappelant les pavillons de parcs appelés « ermitages ». Catherine II appelait Ermitage toute la collection de tableaux, d'antiquités, de porcelaines et de pierres sculptées, dispersée dans différents endroits du Palais d'Hiver et dans les bâtiments voisins. Le musée a conservé ce nom jusqu'a nos jours. Les collections s'enrichirent et bientôt a côté du Petit Ermitage fut érigé, d'apres le projet de Youri Velten, un autre édifice, le Vieil Ermitage. La reproduction des fresques exécutées par Raphaël aux Loges du Vatican fut un grand événement dans la vie culturelle de la société russe de cette époque. Catherine II écrivait a Paris a Melchior Grimm : « Je fais le serment a Raphaël de construire une galerie de ses Loges ». L'exécution des copies fut confiée au peintre Unterberger, et la construction de l'édifice qui devait renfermer ces copies a l'architecte Quarenghi qui se mit a cette tâche apres avoir achevé le Théâtre de l'Ermitage. Il fallut dix ans pour réaliser ce travail : en 1788 les toiles et les copies de Raphaël furent placées aux murs des Loges.
Au début du XIX° siecle on édita le premier « Reglement » selon lequel l'Ermitage était divisé en cinq départements et on créa dans le musée une école de restauration. La vie artistique de l'Ermitage fut interrompue en 1812 par la guerre avec la France. Lors de l'invasion de l'armée napoléonienne en Russie, l'Ermitage reçut l'ordre d'évacuer secretement ses pieces de valeur. Seuls les bulletins du bureau de la Cour relatent les détails de leur évacuation et de leur retour en 1813. Pour commémorer la victoire de la Russie en 1812, on créa dans une salle spéciale du Palais d'Hiver aménagée par l'architecte Rossi, une galerie de portraits des généraux russes, analogue a celle du château de Windsor ou sont exposés ceux des combattants de Waterloo. Le peintre anglais George Dawe, aidé des peintres russes V. Golike et L. Poliakov, exécuta 329 portraits pour cette galerie.