Bővebb ismertető
Une fois de plus, Bénie a pris l'avion des pauvres. Un Boeing 747 qui transbahute jusque dans l'océan Indien sa cargaison de passagers entassés au maximum sur un espace restreint. « Vol-vacances », disent les dépliants touristiques. Le personnel navigant l'appelle plus justement «vol-poubelle», a cause de la saleté de l'avion, apres seulement deux heures de vol.
Des l'embarquement, hôtesses et stewards ont expédié vers l'arriere un long troupeau d'Indiens, de Chinois, de métis, de touristes déja déguisés en touristes et de bébés qui braillent dans toutes les langues. Et, des l'embarquement, Bénie a compris, rien qu'a voir l'hôtesse chargée de son secteur que, cette fois, le voyage n'allait pas etre de la tarte. Une grande carne d'une quarantaine d'années, maigre et molle a la fois, le visage dur, les levres minces, les cheveux trop blonds et trop frisottés. Une sorte de cheftaine sans grâce ni sourire qui ressemble a la tante Thérese que Bénie déteste. Surement, on l'a fourrée sur un vol-poubelle pour terminer sa carriere. Les deux stewards qui ont l'air d'etre des folles tres gaies et les autres hôtesses semblent tenir la blonde a l'écart et ricaner derriere son dos. Mauvais signe.
« Avancez ! Avancez ! » crie la cheftaine et elle houspille une jeune Indienne effarée qui avance péniblement,
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