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PROLOGUE
Ton corps est le mien.
Quand tu te souleves sur les coudes, si péniblement, le drap blanc a peine froissé glisse, et je ne détourne pas la tete.
Je ne t'avais jamais vue nue jusqu'a cet instant, et tu me parais belle.
Je pense meme, et j'ose l'écrire : tu me semblés désirable.
Qui donc dans cette chambre claire de l'hôpital est fou, sinon moi?
Devant la baie vitrée une petite vieille recroquevillée dans un fauteuil d'osier nous regarde, toi et moi, hausse les épaules et me dit d'un air apitoyé :
« Vous n'avez que celle-la? Elle vous donnera du mal. Elle veut qu'on s'occupe d'elle toujours. »
Mais tu ne veux plus que mourir.
Mourir : le dernier mot que tu réussis a prononcer quand les forces te manquent, que tu reposes la tete sur l'oreiller. Le drap te recouvre, cache tes seins et tes épaules, ta peau mate, ton corps qui est le mien. Tu fermes les yeux.
Ils t'ont cassé les dents. Ils t'ont rendue si vieille en quelques jours. Des cernes presque noirs macu-