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Bonheur du sauvage^ malheur du civiliséMontaigne relativise la barbarie des primitifs Rousseau s'interroge sur l'état de nature, tandis que Voltaire s'en amuse Diderot dénonce les ravages du colonialisme. Chateaubriand, le premier, s'embarque pour le Nouveau Monde.ans son journal du 12 novembre 1492, Colomb rend compte de son contact avec les habitants de l'île qu'il vient de baptiser San Salvador : Ces gens ne sont d'aucune secte, ni idolâtres. Tres doux et ignorants de ce qu'est le mal, ils ne savent se tuer les uns les autres. Ils sont sans armes et si craintifs que l'un des nőtres suffit a en faire fuir cent. Le Paradis terrestre de la Bible, l'âge d'or des Anciens, est la sous ses yeux. Il est émerveillé et abasourdi. Ce qui ne l'empeche pas de capturer quelques indigenes et de bientőt mettre en place l'esclavage. Mais cette révélation va donner naissance a un nouveau mythe puissant, celui du bon sauvage.gravure deSylvain Sauvage, 1787.LE PARADIS RETROUVÉ ?Sauvage duCanada, jj hante Ics esprits de la Renaissance, obsede les hommes des Lumieres et resurgit aujourd'hui : qu'on pense a Vendredi l'Araucan de Michel Tournier, ou aux sympathiques Commanches de Danse avec les loups de Kevin Kostner. Pourquoi tant d'Européens ont-ils si ardemment idéalisé les peuples sans agriculture et sans écriture que, par ailleurs, ils soumettaient, aliénaient, convertissaient et souvent anéantissaient ? Quete du paradis perdu ? Nostalgie d'une humanité qui n'aurait pas rompu avec la nature? Mauvaise conscience du massacre des Indiens ? Une chose est sure, lorsqu'un Blanc parle du bon sauvage.