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AVANT-PROPOS
« EN AMÉRIQUE, AUJOURD'HUI, un vieillard qui meurt, c'est une bibliotheque qui brule »
Ainsi en est-il dans l'Amérique des Indiens goajiro (¦), peuple aux lointaines origines Arawak, habitant dans une péninsule semi-désertique partagée a son insu, un jour du siecle dernier, entre le Venezuela et la Colombie (¦¦). Ils sont aujourd'hui pres de cinquante mille a vivre en contact de plus en plus étroit avec ce que l'on a coutume d'appeler la « Civilisation ». Elle est présente dans tous les lieux de marché qui encerclent la péninsule : Riohacha, Uribia et Maicao en Colombie, Para-goaipoa au Venezuela. Elle triomphe a quelques centaines de kilometres a Maracaibo, l'un de nos monstres urbains : centre pétrolier de plus de six cent mille habitants, capitale régionale, qui a lancé vers ce peuple ses tentacules routieres, ses camions, ses « gadgets » et qui a irrésistiblement attiré un grand nombre de ses hommes, les a usés dans des tâches ingrates et passageres, puis les a rejetés ou détruits, et entretient toujours en lui une insurmontable hémorragie humaine.
(*) Ou guajiro (prononcer goahiro). C'est le nom qui fut attribué a ce groupe par les colons espagnols. En fait, les Goajiro se désignent du nom de wayú.
(¦¦) Un premier partage eut lieu a Bogotá en 1833 (traité « Miche-lena-Pombo »). Contesté par le congres vénézuélien, il fut modifié en 1891 apres arbitrage du roi d'Espagne, puis en 1923, sur décision du gouvernement fédéral suisse choisi comme puissance médiatrice, et enfin en 1941 (traité « Santos-Lopez »). Aujourd'hui les deux pays contestent de nouveau cette ultime décision.