Bővebb ismertető
LA CONDITION CLERICALEIl ne faut pas se tromper de livre. Celui-ci ne cherche nullement a décrire ou a analyser le rőle du clergé de la France de l'Ouest dans la Révolution, ou dans les résistances qu'elle a rencontrées. Certes, ce theme apparaîtra inévitablement, en contrepoint, dans les choix des hommes et dans leurs conséquences ; mais c'est a la vie concrete des pretres que l'on s'intéressera ici pour l'essentiel. Ils forment a la fin de l'Ancien Régime un monde tres divers : entre le vénérable et discret messire accordé au simple pretre et le haut et illustrissime qui salue une excellence épiscopale, l'écart reflete a la fois la hiérarchie des pouvoirs et la différence des conditions matérielles. Les revenus des éveques, leur train de vie, quoique fort dissemblables selon les dioceses, les placent de plain-pied avec l'aristocratie dont ils sont d'ailleurs issus par la naissance. Leurs palais comptent souvent parmi les plus belles demeures d'une ville, et se doublent d'une résidence rurale, voire d'un hőtel parisien . Bareau de Girac, qui aménage a Rennes le palais Saint-Melaine, a son manoir de campagne, et descend a Paris dans son hőtel du faubourg Saint-Honoré ; l'éveque du Mans passe l'été a Château-Yvré, celui de Sées a Fleuré Bien des résidences épiscopales ont fait l'objet au XVIIIe siecle d'importants aménagements : Mgr de Bellescize, éveque de Saint-Brieuc, n'a pas terminé la reconstruction de son palais lorsqu'éclate la Révolution ; malgré leurs revenus, certains, tel Mgr de Lorry a Angers, s'endettent lourdement dans ces entreprises.