Bővebb ismertető
I. Le trésor des langues
Burgess, Anthony
L'animal qui parle
En grec une définition de l'homme c'est : l'animal-qui-parie. Ce qui différencie l'humanité des betes, c'est sa capacité de construire un systeme de signes sonores qui représente non seulement ses sentiments et ses idées sur le monde extérieur, mais aussi le monde extérieur lui-meme. On va me dire qu'il y a des oiseaux qui parlent et certains tres bien, comme les mainates. Et aux chimpanzés, on peut apprendre des mots avec quelques structures linguistiques simples. Mais seuls les humains ont la faculté de créer une langue dans sa totalité, au lieu d'en imiter des bribes ou de manier un petit nombre de noms et de verbes. Lorsqu'un animal s'est mis a parler, il s'est donné le nom d'homme.
Nous avons tous dans la tete une image vague et entierement fausse de l'homme primitif poussant des grognements a la Tarzan a moins qu'il ne vocifere de frustes mélopées en se martelant le poitrail a coups de poing. Le lanpge n'a certainement pas commencé de cette maniere. Il a commencé par un flot de babillage, et probablement dans le noir. L'obscurité est effrayante, surtout si l'on est seul, et les hommes ont vite appris a garder le contact entre eux pour se rassurer quand le soleil a disparu, que la lune n'est pas levée, qu'il n'y a pas de feu dans la caverne. Surement le langage a précédé la découverte du feu. Nous aussi nous parlons, non pour communiquer des messages ou exprimer des émotions, mais simplement pour établir et maintenir des contacts humains : parole sociale que l'anthropologue IVIalinowsld a appelée communion phatique — du grec phatos — ou « parlée ». Le fait de parler, l'acte de parler, vise en premier lieu la
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sociabilité. Il n'est pas nécessaire qu'il signifie : il faut qu'il dure. Dans un dîner, rien de plus pénible qu'un silence prolongé, qui fait redouter l'échec de toute sociabilité parmi les invités. En général la glace est rompue quand plusieurs personnes se mettent a parler en meme temps (« pardon » « apres vous » « je vous en prie » ), ce qui est dit a alors bien moins d'importance que le fait que quelque chose ait été dit. Tout le monde se sent soulagé, surtout la maîtresse de maison.
On ne peut deviner a quoi ressemblaient les langues du Paléolithique, mais nous avons quelque idée du parler fort ancien qu'on appelle l'indo-européen car sa structure et son vocabulaire, apres avoir subi maintes transformations, survivent dans les langues qui en sont issues et parmi lesquelles se trouvent la plupart des langues de l'Europe. C'était probablement une langue complexe, pourvue d'une grammaire tres riche (a la différence du malais ou du chinois par exemple), et il est fort vraisemblable que plus on remonte dans le passé du langage, plus on y découvre de complexité. La simplification d'une langue est un élément de sa modernisation : l'anglais d'aujourd'hui est beaucoup plus simple grammaticalement que l'anglo-saxon ; l'italien et l'espagnol sont beaucoup plus simples que le latin. On aurait tort d'imaginer que les premiers locuteurs ont saisi quelques briques linguistiques, les ont alignées, puis en ont fabriqué d'autres pour édifier une structure de plus en plus imposante. Certaines formes du babillage étaient associées a telles émotions ou a telles idées, mais ce n'est guere, grosso modo, qu'apres la chute de l'empire romain que des spécialistes, appelés grammairiens, se sont mis a analyser le babillage pour en distinguer les parties qu'ils baptiserent nom, verbe, adjectif, adverbe, etc.
Noam Chomsky, le linguiste le plus
L'unité profonde de toutes les langues du monde ne semble plus faire aujourd'hui aucun doute et s'étend aux trois aspects principaux du langage humain : phonologique, syntaxique et sémantique. Le caractere inné des structures profondes dans ces trois domaines paraît confirmé.
Photo © G. Fischer Verlag. Stuttgart, RFA
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