Bővebb ismertető
La renaissance de Sukhothai
Avec l'aide de l'Unesco, la Thailande restaure la splendeur d'une ancienne cité bouddhique
par M.C. Subhadradis Diskul
Les ruines de Sukhothai, capitale d'un ancien royaume thai, se trouvent au nord de l'actuelle Thailande, a cinq cents kilometres environ de Bangkok.
Le "Royaume de Sukhothai" a duré deux cents ans a peine. Mais cette brieveté relative est sans commune mesure avec l'influence immense qu'a exercée l'école artistique de Sukhothai, tant sur l'art thai ultérieur — dont elle est jugée la forme la plus sublime — que sur l'art des pays voisins, notamment le Laos. Si bien qu'il est légitime de considérer que Sukhothai, berceau de la civilisation thai, appartient au patrimoine de l'humanité non moins qu'a la Thailande.
Vers la fin du 15® siecle, la ville de Sukhothai (au sens littéral : "l'aube du bonheur") connut un abandon presque complet. De nombreux monuments, néanmoins, ont survécu qui témoignent, malgré les ravages infligés par le temps et les vandales, de son passé glorieux.
Les ruines se dressent devant une imposante chaîne de montagnes qu'on découvre a l'ouest, tandis qu'a l'est le pays est plat. L'approvisionnement en eau de la ville ancienne est assuré par deux canaux provenant du nord-est et du sud-ouest. La ville moderne, fondée en 1786 par le roi Rama l®^ s'étend a douze kilometres de la, sur le fleuve Rom.
La fondation du royaume de Sukhothai remonte sans doute au milieu du 13® siecle, apres que les souverains khmers eurent été chassés. Selon les recherches les plus récentes, on pense que neuf rois régnerent successivement a Sukhothai, de 1240 a 1438 environ.
M.C. SUBHADRADIS DISKUL, /?/sror/en et archéologue thailandais, a étudié /es Beaux-Arts a l'Université de Chulalongkorn de Bangkok avant d'approfondir ses recherches sur l'archéologie et l'art orientaux a Paris et a Londres. // est actuellement professeur dans son pays, a l'Université de Silpakorn. On lui doit de nombreuses études sur l'histoire de l'art et l'archéologie de la Thailande et des pays voisins.
Le plus célebre est probablement Ram Khamhaeng le Grand, troisieme souverain de la dynastie. Sous son regne, le royaume atteignit sa plus grande extension géographique. C'est lui qui créa l'alphabet thai, en 1293. De nombreuses légendes le représentent, sous ie nom de Pra Ruang, comme un héros doté de pouvoirs magiques considérables.
Son successeur, le roi Leothai, perdit, semble-t-il, une vaste portion du territoire qu'il avait reçu en héritage.
Le petit-fils de Ram Kamhaeng, Lithai, qui régna de 1347 a 1368 environ, réunifia de nouveau le royaume sans toutefois lui garantir les limites antérieures. Adepte zélé du bouddhisme Theravada {issu de la secte Shri Lanka), il est le premier souverain thai a avoir vécu comme un moine pendant une partie de sa vie.
Il combattit le puissant royaume d'Ayudhya qui s'était implanté au sud depuis 1350. Si l'on en croit une pierre gravée, il fut contraint de quitter Sukhothai et de s'installer a Pisnulok, ville importante située dans la région orientale du royaume.
Depuis lors, bien qu'il y eut trois autres descendants de la dynastie régnante, la cité de Sukhothai perdit sa prééminence au profit de Pisnulok, ou Kampaengpet, au Sud. Le dernier héritier du trône s'éteignit en 1438, date a laquelle le royaume fut annexé a l'empire d'Ayuthya.
Une stele gravée fournit de précieux renseignements sur l'administration, d'une bienveillance paternelle, mise en place par le roi Ram Khamhaeng :
"Du temps du roi Ram Khamhaeng, bienheureuse est la cité de Sukhothai : l'eau regorge de poissons, le riz abonde dans les champs. Aucun droit n'est prélevé sur ceux qui empruntent les routes pour conduire leurs boufs au marché, ou vendre les chevaux sur lesquels ils sont montés. Libre a tous de faire le commerce des éléphants. Libre a tous de faire le commerce des chevaux. Libre a tous de faire le com- ^ merce de l'or et de l'argent. Qu'un homme f