Bővebb ismertető
L'art moderne devant
le grand public
Résultats surprenants d'une enquete faite au Canada avec Taide de TUnesco
Quelle est l'attitude du grand public d'aujourd'hui envers l'art moderne? Comment de grands peintres comme Picasso, Klee, Miro, Mondrian, Pollock, etc. sont-Us appréciés par l'homme de la rue? Dans ce numéro du « Courrier de l'Unesco », nous présentons quelques réponses a ces questions, telles qu'elles résultent d'une enquete menée a Toronto (Canada) sous les auspices du Conseil international des musées et avec l'aide de r Unesco. Nos lecteurs qui aimeraient confronter leurs propres points de vue sur l'art moderne aux réactions du public de Toronto voudront bien se référer au texte intitulé « A vous de jouer! », en page 18, ainsi qu'aux huit pages de reproductions en couleurs, au centre de ce numéro.
'^'UN tableau que Whistler venait de peindre, John Ruskin disait un jour qu' « il était un pot de peinture jeté a la tete des gens >. Dans les réponses a une enquete récemment effectuée a Toronto (Canada), le grand public a, si l'on peut dire, saisi a pleines mains le pot de peinture pour en barbouiller l'art moderne.
L'enquete, dont nous nous occupons ici, a eu Heu dans la ville de Toronto, sous forme d'un sondage d'opinion, mené par les soins du Conseil international des Musées, avec l'aide de l'Unesco et de la Commission Nationale Canadienne pour l'Unesco.
Ce sondage a montré que, quand ils doivent se prononcer sur l'art moderne. les gens ne savent pas toujours ce qu'ils aiment, mais ils proclament fermement ce qu'ils n'aiment pas. Ils penchent a préférer les peintures d'un çenre qui leur est familier et renâclent devant l'audace d'expression et, généralement, devant tout ce qui est nouveau.
Les données fournies par l'enquete de Toronto ont été publiées dans . Museum (1), revue trimestrielle éditée
(1) Museum, W 3/4, 1969.
par l'Unesco a l'intention des spécialistes de muséographie. L'enquete consistait a soumettre un choix de reproductions de peintures modernes, groupées d'apres certains criteres, a un échantillonnage représentatif de la population de Toronto âgée de plus de quinze ans. On a soumis aux personnes interrogées quatre jeux de dix reproductions, sous forme de cartes postales en couleurs, sans indiquer les noms des artistes ni le titre des ouvres.
Les ouvres d'art choisies pour cette enquete étaient presque toutes d'artistes qui avaient travaillé entre 1900 et 1960. Dans la plupart des jeux de reproductions, on avait introduit au moins une « peinture témoin > d'une époque plus ancienne. A de rares exceptions pres, ce sont a ces ouvres « témoins > que sont allées les préférences. « L'Angélus », de Millet, peinture de 1859, et fort connue, a obtenu la majorité des suffrages parmi les 220 peintures présentées au cours de l'enquete.
Si le choix des ouvres préférées est tres divers, les aversions sont unanimes. Les tableaux le plus constamment honnis ont été ceux de Dubuf-fet (représenté par « La barbe des
incertains retours », voir page 7, et « Paysage du mental »). Le premier de ces tableaux a été repoussé par 78 % des votants.
Autres « vedettes en aversion ». Léger, de Kooning, Miro et Pollock. Si certaines ouvres de célebres peintres modernes comme Paul Klee ou Picasso sont tombées en queue de liste du classement préférentiel, tout autant d'ouvres de Picasso ont été portées au pinacle. (Huit d'entre elles, dans plusieurs séries de cartes, prenaient rang parmi les quatre préférées, alors que huit autres se classaient parmi les peintures les moins appréciées.)
Une toile de Picasso. « Le vieux guitariste », peinte en 1904, a la fin de la - Période Bleue ». arrive a la premiere place de sa série (voir page 16), et meme une nature morte, « La casserole émaillée » (1944), aux déformations tres marquées, a la deuxieme place du lot, peut-etre parce que, apres tout, dans sa « casseroléité -elle a vraiment tout d'une casserole (voir la reproduction en couleurs, page 19, N" 6).
Autre peintre dont les ouvres sont tour a tour hautement appréciées ou vilipendées Léger. « Mere et
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