Bővebb ismertető
PREFACE
Un moment vint ou l'homme Marcel Schwöb se métamorphosa en fantôme. La vie fuyait hors de lui, qui avait toujours été un écrivain hanté. Il avait assisté a des scenes cruelles lors de sa vie militaire, comme en témoigne cette lettre écrite de Vannes a sa mere le 21 décembre 1885 : « Il se passe ici des choses passablement scandaleuses. A la suite de coups reçus au manege, une recrue est morte en cellule, ou le commandant Bazaine le faisait enfermer tous les jours, apres la manouvre. Le dernier jour on l'a attaché sur un cheval qu'on a mis au grand galop. Quand on l'a détaché, il était mort étranglé, et la colonne vertébrale brisée. » Il y a eu également le suicide de son camarade d'adolescence. Puis sa chere petite Vise, qui est morte. Et cette mort donnera, on le sait, le Livre de Monelle. Paul Léautaud avait des réticences devant ce livre-la. Il gardait son enthousiasme pour Spicilege, dont il devait écrire, dans la note nécrologique qu'il consacra a son protecteur : qu'on ne se lasse pas de relire cette main d'essais, « tant l'intelligence y surabonde, les points de vue rares, les associations d'idées les plus subtiles, les remarques et les contrastes les plus ingénieux. Rien de plus pur, de plus souple comme style ». Il ajoute : « Marcel Schwöb qui se rattachait par tant de côtés a Poe et a Baudelaire, tenait également d'eux l'art de commencer, si difficile et sans