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PRESENTATION
L'actualité souleve tragiquement la question que nous voulions aborder ici : celle du nouvel ordre mondial et de sa prétention a trouver unité et raison dans les formes, supposées naturelles et pacifiques, du libéralisme économique. Le colloque que nous organisons en juin a la Sorbonne autour de la question "l'idée de socialisme a-t-elle un avenir ?" s'efforcera de contribuer a y rcpondre.Et le dossier ici présenté propose de premieres approches.
Samir AMIN brosse un tableau de ce nouveau systeme du monde. La croissance du commerce mondial montre le rapide progres de la transnationalisation. Les trois grands pôles (USA, Japon, CEE) sont engagés dans une lutte inégale, les premiers bénéficiant seuls d'une véritable stmcture nationale étatique. Cette capacité a s'autonomiser sur le marché est aussi la condition d'émergence d'autres pôles d'avenir. A cet égard, l'URSS et la Chine semblent mieux placées que l'Inde. La meme question se pose a l'échelle des nations du tiers monde. La banque Mondiale prétend que la croissance ne peut découler que de l'adaptation néo-libérale au marché mondial. Or les modeles de "réussite", Corée et Taiwan, sont précisément ceux qui n'ont pas suivi cette voie mais ont su se constituer en centres relativement autonomes et assurer une certaine redistribution des revenus, condition d'un compromis social. Les autres pays du tiers monde (sans parler du quart monde, voué au simple pillage) n'ont pu a ce jour lever l'emprise impérialiste au point de "s'autocentrer". A tous les niveaux se pose donc la meme question : transnationalisation passive, compradore, par ou se perpétuent misere et domination, - ou active, autocentrée, fondée sur une politique de participation nationale populaire ?
René PASSET analyse la nouvelle situation écologique de l'humanité et les limites d'une régulation purement marchande. La logique de la reproduction écosystémique est fondée sur l'interdépendance circulaire a long terme. Celle de l'économie capitaliste sur la relation linéaire a court terme d'une dépense et d'un résultat. Le réductionnisme marchand confond flux réel et flux monétaire. Une pollution n'est pour lui que l'utilisation non compensée d'un facteur naturel, et il suffirait d'instituer des pénalisations. En réalité pourtant, il n'est plus possible (pensons a la couche d'ozone) d'identifier les coupables individuels et de les faire payer. Et, vue la "valeur" infinie mais fragile de l'écosphere, les coiits sont proprement incalculables. La raison marchande, qui voudrait ne voir dans la dégradation du milieu naturel qu'un dysfonctionnement, est ici en déroute.