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LE MUSÉE DU LOUVRE
INTRODUCTION
t E musée du Louvre est le plus varié et le plus riche qui soit au monde. •L Tous les arts, toutes les civilisations y sont ^présentés. On y accourt d'abord pour contempler les grands prix de beauté : la Joconde, la Vénus de Milo, la Victoire de ace Puis on s'éprend d'images plus modestes et
bientôt il n'est pas une salle qui ne nous retienne ; partout, il y a de quoi nourrir l'admiration et la reverie.
Il est des amateurs qui n'aiment pas les musées ; les chefs-d'ouvre y somnolent, disent ils, comme des prisonniers, ou tout au moins des invalides a l'hospice. Et quand cela serait ! Ne faut-il pas recueillir les plus précieux débris du passé? Les musées sont les plus belles institutions du monde moderne. Il suffît d'un peu d'imagin-tion pour revivre au Louvre des siecles d'histoire, car l'humanité est ici rc^vésentée par ce qu'elle a laissé de plus noble et de plus exquis. Un paysage tient dans une fleur ; un chef-d'ouvre résume une civilisation.
Semblable trésor ne s'est pas constitué en un j-:ur. Il est aussi l'ouvre des siecles. Les rois de France, François I®"", Louis XIV ont acquis peintures et statues pour leurs galeries et leurs parcs ; la Révolution a recueilli les vieilles choses désemparées par le bouleversement de la société ; puis les gouvernements successifs ont travaillé a enrichir le musée national ; nos archéologues ont rapporté d'Égypte et d'Asie les plus anciennes reliques de l'humanité ; et, chaque jour, d'admirables collections sont confiées au Louvre, c'est-a-dire données au public, ce qui est leur véritable destinatipn, car la beauté ne s'épanouit que dans l'admiration qu'elle reçoit.
Ce trésor des siecles peut sembler accablant au visiteur pressé ; d'autant plus que le palais qui l'abrite n'a pas été construit pour etre un musée ; chronologie et géographie s'accommodent comme elles peuvent dans ce labyrinthe. Mais la poésie de l'histoire rachete amplement le désordre. Des souvenirs de la vieille France hantent ces murs depuis Philippe-Auguste jusqu'a Napoléon. La partie du palais qu'habite le musée date de François fer et de ses successeurs ; c'est ua modele de l'architecture gracieuse et fleurie de Pierre Lescot, de l'élégante majesté de Levau et de Perrault. Mais dans la cour reste tracé le plan du vieux donjon de Philippe-Auguste, le
rude Capitole du jeune royaume, le cour de la France.
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