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Le Nord a quatre séductionsOfN NE PRÉTENDRA PAS rectifier ici les idées fausses qui courent sur le Nord. Il y faudra bien du temps, bien des livres, bien de l'invention. Il faudra surtout y venir voir. Faute de mieux, on peut toutefois essayer de le donner a voir. Sur que l'image et ses commentaires parleront d'eux-memes.Car la région du Nord n 'est pas seulement la Flandre et le pays minier. Elle tient une place beaucoup plus qu 'honorable dans les beautés de la France . A au moins quatre titres, sans compter les sous-titres. Un rivage maritime qui n 'a rien de négligeable puisqu 'il s'étire sur !50 km, de Berck a Zuydcoote. Tout pres, des villages et des fermes de brique rouge parmi les canaux, sous un ciel toujours renouvelé. Des villes, animées, riches de maisons anciennes et de monuments, de musées et de traditions, de vie et de fetes. Et, de l'autre cőté, de l'herbe, de l'herbe et des bois, des vallonnements parmi les plus verts de France, oit nicheitt des étangs.La cőte est sur deux mers : seules la Bretagne et, a la rigueur, la Corse peuvent en dire autant. Elle a au moins deux visages : les falaises de craie des nez , le Blanc ou le Gris, face a leurs sours d'Angleterre ; les longues plages rehaussées de dunes ou les oyats saluent le vent. Derriere les falaises commence le grand plateau de l'Artois : n'allez pas croire une table : tout un lacis de vallons s'y grave, ou coulent ces petites rivieres qui furent cheres a Bernanos; et, de Desvres a Boulogne, ou la roche est plus tendre, c'est tout un moutonnement de collines aux grasses prairies, coupées de haies et de bosquets, ou paissaient les lourds chevaux boulonnais. Derriere les dunes, des pays bas. de deux sortes encore : cőté Artois, une bande étroite, au pied d'un long talus qui n'est autre qu'une ancienne falaise marine, maintenant bien émoussée depuis que la mer l'a abandonnée, comme elle a dédaigné Montreuil, jadis un vrai port; cőté Flandre, le commencement meme des grands pays bas , la plaine sillonnée de canaux, point encore trop large ici, puisqu 'il lui faut le Rhin pour s'épanouir.Sur le rivage meme, aux deux ailes, des stations balnéaires ont su a la fois s'étaler et s'abriter, et devenir célebres : qui ne connaît, au moins de nom, Berck et Le Touquet. Malo et Zuydcoote? Les unes sont a mi-chemin entre Londres et Paris, les autres sont déja au midi pour les Belges et les Néerlandais Au centre, trois grands ports, tout différents. Trois vedettes, chacune ayant choisi son domaine et s'y étant taillé la premiere place en France : Boulogne, premier pour la peche; Calais, premier pour les voyageurs; Dunkerque, premier pour l'industrie el les marchandises .seches. On sent, derriere, un monde puissant, affairé. On devine, devant, les mers les plus exploitées du monde. On voit combien le pas de Calais unit maintenant la Grande-Bretagne au continent, plus qu'il ne les sépare; Calais, d'ailleurs, est loin d'avoir le monopole des allées et venues. Trois grands ports, trois vraies villes, qui ne se ressemblent pas plus que ne se ressemblent leurs ports; elles ont toutes trois leur genre de beauté, qui tient sans doute a leur fonction, mais aussi a leur site et a leurs fetes.Tout pres de la, le pays flamand ne demande qu'a etre parcouru. Lentement, si possible : les routes y ont l'humeur changeante, et chaque maison, ou presque, est un bijou. De cette Flandre aussi on a généralement une image simple, et donc partielle, sinon fausse. D'abord, elle a deux visages : un seul d'entre eux est bien celui de la plaine, des canaux, et d'une assez rigoureuse géométrie. L'autre, tout aussi étendu, est celui des basses collines, des lignes courbes et sinueuses et de ces huttes fort peu hautes mais qui