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LA PEINTURE FRANÇAISE AU XIX' SIECLE
IMAGINONS que dans les premieres années du xix® siecle, en 1810 par exemple, un connaisseur ait décidé d'aller, dans les divers pays d'Europe, visiter les ateliers et les collections, afin de se faire une idée des tendances de la peinture a ce moment-la. Qu'aurait-il constaté ?
En France et en Italie, le retour a l'antique, amorcé durant le dernier tiers du xviii® siecle, est a son apogée. La nature ne pouvant proposer a l'artiste que des formes imparfaites, les peintres l'épurent, la corrigent et l'idéalisent, en prenant pour modeles et pour guides les ouvres de la sculpture antique. Ils donnent tous leurs soins au dessin et a la composition, tandis qu'ils n'accordent qu'un rôle restreint a la couleur. Ne faisant appel qu'aux sens, elle est suspectée d'etre immorale. Dans les tableaux dont les sujets sont pris chez les poetes et les historiens grecs et romains, la facture est impersonnelle, le coloris prosaique, la matiere maigre.
Il est inutile de citer les noms des pseudo-classiques italiens. L'alliance de talents débiles avec une esthétique stérilisante ne pouvait donner que des ouvres vides et sans intéret. En France, une forte personnalité domine toute la peinture de cette époque : Jacques-Louis David. Il est le maître incontesté du retour a