Bővebb ismertető
La découverte d'un maítre « Millet, c'est Millet le pere, c. á d. qu'il est guide et conseiller en tout pour les jeunes peintres » (lettre 400). C'est en 1 875, lors de l'exposition de dessins et pastels de Millet précédant la vente de la collection d'Émile Gavet á l'hőtel Drouot, que Van Gogh découvre le peintre. Ce tour d'horizon partiéi des compositions de Millet est vécu par le jeune homme comme un choc artistique, un émerveillement quasi religieux qu'il décrit en ces termes : « Je ressentis quelque chose comme "enlevez vos souliers, car vous foulez ici une terre sainte" » (lettre 29). Van Gogh s'intéresse des lors á Pensemble de son oeuvre et rassemble un grand nombre de gravures et de photographies. Des 1880, lorsqu'il décide de devenir peintre, il s'exerce au dessin á partir de gravures et de photographies réalisées d'aprés les tableaux de Millet et aborde pour la premiere fois les thémes paysans chers á son aíné. Mais au-delá de l'aspect purement artistique, c'est avant tout le cheminement spirituel du maitre franqais qui émeut l'artiste. En 1882, á partir de la lecture de la biographie d'Alfred Sensier, ami proche de l'artiste - également collectionneur et marchand -, 1 - Jean-Franfois Millet L'Angélus, 1857-1859. Huile sur toile. 55,5 cm x 66 cm. Paris, musée d'Orsay (legs Alfréd Chauchard auLouvre, 1909) 2 - Jean-Franfois Millet Des Glaneuses, Sálon de 1857. Huile sur toile. 83,5 x 111 cm. Paris, musée d'Orsay (donation Alexandrme Pommery au Louvre, 1890, sous réserve d'usufruit, entré en 1890) --->------..----'---- ] intitulée La Vie et l'CEuvre de J.-F. Millet (Paris, A. Quantin, 1881), Van Gogh découvre une sensibilité, une éthique qu'il croit proches de ses aspirations. Millet n'est pas seulement un guide artistique, mais aussi un modéle en tant qu'homme. Cette intimité spirituelle, trés fortement ressentie par Van Gogh, lui procure une véritable foi en sa vocation, le courage de persévérer et de réaliser ses ambitions artistiques. Le portrait brossé par Sensier d'un homme simple, d'un campagnard vivant á l'écart de l'industrialisation et de la modernisation, touche profondément Van Gogh et le conforte dans le choix d'une existence sobre, voire austére. II s'installe alors chez ses parents, á Nuenen, et vit comme les paysans des environs. C'est uniquement en partageant la condition paysanne, dans ses aspects les plus quotidiens, qu'il estime pouvoir la retranscrire dans son oeuvre. En réalité, il semble que la description de Sensier n'ait pas été fidéle á ce qu'était véritablement le peintre franqais, plus attaché á la reconnaissance et á l'aisance matérielle que le biographe ne le décrit. Néanmoins, au yeux de Van Gogh, Millet incarne l'artiste élu, pauvre, incompris du monde, et cet aspect du personnage, particuliérement exagéré par le biographe, séduit le disciple. Van Gogh se pose lui aussi en combattant, se révoltant contre la facilité : plutőt déplaire que de transiger ou renoncer. « Quand on analyse les choses de prés, écrit Van Gogh á son frére Theo en 1886, on voit que les gens du siécle les plus grands et les plus énergiques ont toujours navigué á contre-courant [...] avoir du caractére plutőt que de l'argent, plus d'audace que de crédit, voilá Millet et Sensier, voilá Balzac, Zola, les Goncourt, voilá Delacroix» (lettre 454). Van Gogh voit en* Millet un artiste pieux, empreint de sagesse et de simplicité. Loin de l'iconographie religieuse traditionnelle, Millet peint la création et la vie simple prőnée par la Bible, « il peint la doctrine du Christ » (lettre 138). Lui seul réussit á exprimer, á travers les scénes de la vie campagnarde, la dimension religieuse de la nature et de ceux qui vivent avec elle et par elte (ill. 1, 2, 3). C'est dans les gestes des paysans, éternellement recommencés, que Van Gogh place la plus belle expression de l'éter-