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Eh bien voila. C'est fait. J'ai ce que j'ai voulu. Le terrain est déblayé. Nu. Completement nu. Et m'appartient. Une victoire si totale, et si cherement acquise, me laisse incertaine soudain. M'effraie : les ponts sont coupés derriere moi, il faut avancer. J'ai fait le vide sous mes pas, ou marcherai-je ? Au seuil du bonheur, si mérité soit-il, si cher qu'on l'ait payé, le cour hésite; j'ai peur de mes regrets, et de mes complaisances. Vais-je me changer en statue de sel ? Ce n'est pas bon de se retourner sur des ruines : on ne sait plus ou on va.Mais non : l'angoisse est liée a mon état, et j'en serai ensemble délivrée. Ce malaise de l'âme est normal, on me l'a dit. Ce sont les glandes. Il faut bruler ce passé une bonne fois, comme de vieilles lettres, et qu'on n'y pense plus; il faut que je quitte Renaud, puisque aussi bien lui-meme s'est quitté. Et continuer. Dans le meme sens. Et vivre. Avec ce que j'ai. Que j'ai voulu.