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Tout art est á la fois surface et symbole. Oscar Wilde. le Portrait de Dorian Gray (1891).
QU'EST-CE QUE LE SYMBOLISME?
C'est dans le « supplément littéraire » du Figaro que, le 18 septembre 1886, le poéte Jean Moréas publie le Manifeste du Symbolisme, proposant ainsi une appellation tout á fait judicieuse pour une tendance qui se manifeste depuis déjá une bonne quinzaine d'années dans la poésie (rancaise mais atteint á ce moment-lá son point d'intensité maximum. Ce qu'il convient par conséquent de nommer la poésie symboliste, qui s'est engoulfrée tout entiére dans la bréche ouverte en 1857 par les Fleurs du mai de Baudelaire, réagit en premier lieu contre un certain débraillé propre au Romantisme francais (fatuité; excés de gémisse-ments; platitude) en mérne temps que contre les défauts inverses des Parnassiens (l'artisanat; l'impersonnalité; la pompe). Mais elle réagit davantage encore, s'il est possible, contre le Naturalisme tel que l'in-carne Emilé Zola qui, renchérissant sur certains travers de Flaubert, ne se choisit guére comme héros que de tristes épaves et ne considére que la réalité la plus triviale, voire la plus orduriére, tout ce que Mallarmé, en somme, résume par le mot de « reportage ». C'est de l'exemple de Mallarmé, d'ailleurs, que se réclament ces jeunes poétes et bien que celui-ci se sóit toujours refusé á tenir le róle de « chef d'école » (Verlaine jouit d'une bien moindre estime; quant á Rimbaud, c'est au xxe siécle surtout que les poétes prendront son ceuvre en considération; Lautréa-mont, enfin, est passé á peu prés complétement inaper^u).