Bővebb ismertető
CHAPITRE I
«L'ILE DE LA GRANDE JATTE»
Si, évoquant le passé, ses etres et ses morts, je pense « tableaux », c'est qu'étant fils de peintre, j'ai vu tres tôt de jolies dames qui souriaient chez nous, boulevard Saint-Michel, posaient, puis s'en allaient. Au travers de la porte, j'entendais des menus propos, les pas de mon pere faisant craquer le parquet devant la toile. Les portraits demeuraient quelques temps dans le vaste atelier, pour sécher, etre vernis. Avant de monter me coucher, enfant, je venais regarder ce visage fixé pour toujours, qui était la représentation plate et colorée de ce visage vivant entrevu entre deux portes, parfois penché vers moi et me versant un parfum délicieux au travers d'une voilette a pois, en meme temps qu'ime voix douce et polie me perçait le cour avec « Bonjour » ou « Qui es-tu? ». La dame a la voilette s'en allait, mais le tableau restait et sa figuration m'était plus réelle que son passage. Toutes ces dames sont probablement mortes, mais leurs portraits demeurent, accrochés aux logis de leiurs petits-enfants, ou légués a des neveux et nieces qui oublient, ou pendus aux salles de musées ou l'on passe, ou retournés dans les réserves avec le silence.
Cependant, c'est l'intention du peintre qui touche dans un portrait. C'est la fugacité d'une expression, saisie par l'intention qui en constitue le double mystere. Le troisieme étant la manuelle touche du pinceau sur la toile avec toutes les histoires de valeurs et de lumieres qui nous laissent froids, nous les non-peintres.
Lorsque j'ai vu Vile de la Grande Jatte a l'exposition^de