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Ils devaient quitter la base le lendemain et le sergent-chef Césario Flores devait leur dire quelques mots d'adieu. Il le fit correctement, comme tout ce qu'il faisait, n'en disant ni trop ni trop peu, ne louant ni ne blâmant personne. Il reconnut qu'ils formaient une bonne équipe et qu'il ne serait pas du tout surpris s'il entendait dire qu'ils faisaient du bon travail. Il leur rappela pour la centieme fois que les volants n'étaient pas meilleurs que les rampants . Puis il prononça le mot : Adieu. Un temps. Il sembla réfléchir en remettant en place ses lunettes légerement teintées. Sa derniere plaisanterie fut une sorte de post-scriptum : il ne s'attendait pas a recevoir de leurs nouvelles, mais s'ils voulaient lui en donner, surtout pas de cartes orientales cochonnes. Le dernier groupe qu'il avait entraîné lui en avait envoyé suffisamment. Quand il souriait, on se rendait compte qu'il était mexicain.Les hommes rirent. Le sergent attendit que le silence revienne et leur dit : Vous représentez un grand pays, ne l'oubliez jamais. Il sembla sur le point d'ajouter quelque chose de mordant, puis il se ravisa. C'était fini. Il passa devant ses hommes, vingt-sept en tout, serra la main de chacun en n'oubliant ni le nom ni le grade. Tout juste s'il ne leur donnait pas sa bénédiction.