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LE CABINET DE CURIOSITÉS
Chaque étude de la formation et de l'histoire de la collection des tableaux de Dresde depuis ses débuts, nous ramene a l'un de ces cabinets d'objets d'art et de curiosités qui étaient un des traits caractéristiques des cours allemandes de la fin du XVI^™® et du XVIsiecle.
Dans ces « cabinets », on conservait et on entassait tout ce qui pouvait susciter quelque intéret humain : des objets d'art, des curiosités, des pieces rares ou grotesques, des souvenirs, des cadeaux, des objets religieux, des livres et des topographies, comme aussi des spécimens d'histoire naturelle ou des instruments techniques.
En 1727 encore, époque ou une telle accumulation appartient déja au passé, Caspar F. Neickel, un marchand de Hambourg qui s'intéresse vivement aux collections, inclut dans sa Museographia (parue chez Michael Hubert a Leipzig et a Breslau) quelques suggestions pour l'aménagement de « cabinets » semblables. La description précise et simple qu'il fait nous donne une idée claire de ce que devait etre leur disposition.
Neickel recommande de choisir un local bien éclairé que l'on puisse embrasser d'un coup d'oil, et d'éviter le désordre toujours menaçant, afin « d'apercevoir l'objet meme le plus petit ». Les collections seront « au sec », dans une atmosphere appropriée, disposées dans des armoires ou sur des rayons « a l'abri de tout accident » (dans ce qu'il appelle des repositoriis fabriqués a cette intention).
La Museographia exige un classement suivant des principes précis. Il y a deux groupes principaux : les Naturalia et les Curiosa Artifi-cialia, « ou l'on séparera soigneusement l'ancien du moderne et ou l'on disposera les objets de maniere a mettre en évidence autant leur valeur artistique que leur signification. Pour faciliter l'observation, il prévoit au milieu de la piece une table pratique « sur laquelle on pourra poser pour les examiner les pieces rares, ou consulter tel ou tel livre ».