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« Il faut s'accommoder et, de temps a autre, regarder la mer »
Cette formule, qui clôt l'une de ses dernieres proses, lui revient en mémoire tandis qu'il sort de la salle des fetes.
Comme si le docteur Benn voulait, en toute hâte, regagner l'abri des mots, ses propres mots. Une fois encore, il est plus ou moins satisfait et mécontent de lui. Pourtant, il n'a pas tenu, a ceux qui l'ont invité ici, a Knokke-Le Zoute, ce vendredi 12 septembre 1952, un autre discours que celui qu'avec des nuances et quelques variations, il reproduit depuis une quarantaine d'années.
« Ce ne sont pas les courants de pensée qui me préoccupent Ni meme l'art poétique. C'est le poeme seul, que s'obstine a élaborer un Moi lyrique ! » Telle est la position sur laquelle il a campé, alors qu'a la meme tribune un ministre belge de l'Instruction publique, un aede africain et un homme de lettres sud-américain venaient d'exprimer leur foi dans l'universalité de la culture. « Je suis dans une situation difficile », a-t-il d'abord déclaré. Mais, sur la nature de cette difficulté, ses auditeurs purent se méprendre. Certes, elle résultait de l'obligation ou il se trouvait de parler en français, alors qu'il pensait pouvoir s'exprimer dans sa langue. Au fond, songea-t-il, je dois figurer ici l'unique « trouvere » exotique Le Marocain et le Sénégalais, et jusqu'a l'Équatorien et a la petite Japonaise dissertent tous dans la langue de Victor Hugo! Du reste, rien que pour traduire en français cette précaution oratoire, qu'il n'avait nullement improvisée : « Ich befinde mich in einer schwierigen Lage », il avait fait part a l'interprete de sa perplexité : valait-il mieux dire : « Je suis dans une situation difficile »? ou : « Je me trouve dans une
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