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Chapitre I , CHÉRIFA
Dans le vieux quartier arabe, au pied de la montagne, les maisons a façade blanche crépie a la chaux se ressemblent. Dans ces lieux ou s'étendait autrefois, de la ville maintenant agrandie, le seul faubourg — celui ou les familles aisées de l'époque aimaient venir, des la fin du printemps, pour y trouver, pres des sources et des vergers proches, un peu de fraîcheur — chaque demeure est le fond d'une impasse ou l'on fait halte apres qu'on s'est perdu dans un dédale de ruelles, de silence qui ne se troublent a présent que des chuchotements, coupés soudain de cris stridents, des enfants que les meres voudraient en vain retenir chez elles. La garde peut survenir a tout moment ; a peine ont-elles alors le temps de les faire rentrer précipitamment, de leur bâillonner la bouche pour étouffer contre la porte leurs murmures et, les soldats passés, d'aller s'installer au fond de leur chambre, chaque mere avec sa couvée, assise la, a meme le carrelage ou sur un matelas.