Bővebb ismertető
Introduction
Qui veut se souvenir doit se confier a l'oubli, a ce risque qu'est l'oubli absolu et a ce beau hasard que devient alors le souvenir.
Maurice Blanchot
A une époque ou de plus en plus d'individus dévoilent sans vergogne leurs problemes les plus intimes sur les plateaux de télévision, ou d'autres ont recours aux diverses formes de thérapie qui se disputent le marché de la parole pour régler un profond mal de vivre ou un désir superficiel de plus de jouissance, ou des escouades de psychologues, les fameuses cellules psychologiques, sont envoyées sur les lieux de catastrophes en renfort des secouristes pour « débriefer » les victimes rescapées ou leurs proches, et can-nibaliser en quelque sorte leur souffrance avant meme qu'ils aient le temps de comprendre l'ampleur du drame qui les frappe et d'entamer un processus de deuil inéluctable, on constate avec surprise que des personnes tragiquement éprouvées par l'Histoire se sont, de leur plein gré, enfermées dans un silence interminable pour éviter de rester tributaires de leurs souffrances. Il en est ainsi des survivants des camps et des orphelins de la Shoah qui, a quelques rares exceptions pres, s'en sont sortis par le silence. Un silence pas immédiat, pas toujours définitif, mais souvent prolongé une cinquantaine d'années et plus, comme s'il s'agissait d'un secret indicible dont ils ne pouvaient se libérer impunément qu'au seuil de la vieillesse. Non pas a la suite d'une décision murement réfléchie, mais sous l'incitation d'un élément extérieur, comme guidés par un signe du destin leur indiquant que le moment de