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e 2 décembre 1852, anniversaire du sacre de Napoléon Louis Napoléon Bonaparte, plébiscité par les Français, troquait son titre curieux de prince-président contre celui plus enviable d'empereur, sous le nom de Napoléon 111. Par ce nom, c'était toute la légende napoléonienne qu'il appelait sur les fonts baptismaux du Second Empire. Un tel héritage n'allait pas sans difficultés et l'époque n'était plus aux conquetes héroiques. N'importe, a défaut d'offrir des soleils d'Austerlitz aux Français, il les éblouirait de ses parades militaires, de ses réceptions somptueuses et de ses fetes incomparables. Ce fut le temps de la fete impériale.
Voila Paris devenue la nouvelle Babylone, lieu de jouissance et de frivolité, ou triomphaient les demi-mondaines. C'était le temps de la Vie parisienne, célébrée par Offenbach et ainsi résumée par Meilhac et Halévy :
Du plaisir a perdre haleine, Oui, voila la vie parisienne.
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L'Ecole des Beaux-Arts
ous Napoléon III, et plus encore durant la Troisieme République, le passage par l'Ecole des Beaux-Arts était impératif pour qui espérait voir un jour ses toiles appuyées aux cimaises du Salon. Presque tous les impressionnistes se plierent a la regle. Trois fois la semaine, on y travaillait sur des modeles vivants et, le reste du temps, on se contentait de moulages ou on s'en allait au Louvre copier les maîtres. Il s'agissait d'y apprendre le beau. Un beau académique, réduit a quelques regles simples et intangibles, qu'il fallait appliquer avec zele et soumission, pour ne pas dire avec routine. Dans un tel sanctuaire, le talent était suspect, l'originalité dénoncée avec mépris. L'éleve, écrit Viollet-le-Duc en 1862, se devait de "n'avoir que juste les idées admises par le Corps et surtout de ne pas avoir la prétention d'en posséder a lui". Et tout cela dans une ambiance douteuse, faite de blagues grossieres et de plaisanteries ordurieres, entretenue tacitement par les maîtres au nom de la tradition et orchestrée par les vieux éleves, artistes ratés et sans le sou, grands discoureurs et grands buveurs, qui prenaient la une revanche sur la médiocrité de leur existence dans un empire a leur mesure.
Le prestige d'une telle école était plus apparent que réel. Alors, soit par souci de liberté, soit par intéret bien compris, certains éleves allaient compléter leur formation dans une académie privée ou dans l'atelier d'un professeur, maniere habile de s'assurer sa protection lors des concours.