Bővebb ismertető
Au début de septembre 1848, un nouveau chapitre s'ouvre dans l'histoire de la révolution hongroise, et les premieres phrases de ces pages historiques sont tracées par les Habsbourg. Ils en trouvent le mobile dans le fait que, grâce a leur tactique imposée au cours des mois précédents (et qui avait été élaborée lorsque les événements de mars ébranlaient l'empire), tactique dont l'essence était qu'il fallait faire patte de velours a la Hongrie, tant que les autres mouvements révolutionnaires menaçant leur pouvoir — surtout le plus ardent, celui de l'Italie du Nord — ne seraient pas jugulés et que ce ne serait qu'ensuite qu'il serait permis, mais alors sans aucun retard, de régler son compte a la révolte hongroise; cette tactique, dis-je, avait fait pencher la balance, en aout, sinon plus tôt, de leur côté.
A ce moment-la, la situation est caractérisée, a l'un de ses pôles, par les illusions qui entravent sérieusement le cabinet libéral hongrois de Batthyány, entré en fonctions au mois d'avril, illusions que, malgré tant d'échecs, la plupart des membres de ce cabinet continuent a nourrir a l'égard de la maison régnante; a l'autre pôle, par le fait que, les troupes impériales ont, vers le mi-juin, noyé dans le sang l'insurrection de Prague contre les Habsbourg et, dans la derniere semaine de juillet, elles ont concentré la majeure partie de leurs forces afin de porter un coup décisif aux Lombards combattant pour leur liberté, si bien que, le 6 aout, le cour du mouvement de libération italien, Milan, libéré seulement depuis mars, est repris. Pour ce qui est du front central, c'est-a-dire de l'Autriche proprement dite, la maison régnante a déja réussi a y raffermir sensiblement ses positions, puisqu'elle est parvenue a détacher du camp de ses adversaires la bourgeoisie autrichienne, et meme a la rallier, cela en profitant de ce que cette classe — qui était prete a se mettre a la tete de la lutte contre l'absolutisme tant qu'elle n'arriverait pas a la liquidation des contraintes féodales et a une certaine participation de ses représentants au gouvernement de l'empire — avait atteint ses buts grâce a la révolution de mars et que depuis elle commençait a se rendre compte que ses plus grands adversaires étaient ses freres d'armes de mars — les masses ouvrieres de Vienne réclamant non seulement l'égalité devant la loi, mais aussi une plus grande tranche de pain qu'auparavant —, et les séparatistes hongrois et italiens qui ne tenaient aucun compte des intérets de l'industrie et du commerce autrichiens; en conséquence de quoi cette bourgeoisie en déduisit bientôt que sa lutte devait etre dirigée, en premier lieu, contre ses anciens alliés et que, dans cette lutte, elle devait espérer une aide précisément du pouvoir des Habsbourg contre lequel en mars, elle s'était élevée en si dangereuse compagnie.