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PROLOGUEPrenant un jour l'avion d'Air India pour rejoindre Edward qui tournait dans un film a Bombay, je me trouvai, par les hasards du voyage, assise a cőté d'un voisin aussi charmant que prévenant.- Il fait bien chaud Voulez-vous un peu plus d'air? Ma cigarette ne vous gene-1-elle pas, madame? C'est la premiere fois que vous vous rendez en Inde? Racé et mystérieux, comme savent l'etre les Indiens, l'oil noir et velouté des natifs du Bengale, il parlait cet anglais châtié appris sans nul doute dans les parages d'OxfordMes connaissances de la langue de Shakespeare étaient, quant a la syntaxe, infiniment moins parfaites que les siennes. Elles passaient nettement plus par l'argot new-yorkais que m'avaient inculqué, avec une persévérance louable, aussi bien mes jeunes beaux-freres que mon Américain de mari.Le sympathique Indien, me croyant peut-etre sourde, profita de mes hésitations pour mieux articuler ses mots, tout en se penchant avec sollicitude vers moi.Je m'étais faite belle pour retrouver Edward que je n'avais pas vu depuis trois semaines. Comme pour toutes les femmes fideles et amoureuses, un brin de cour avec un inconnu rassurait mon miroir.