Bővebb ismertető
PRÉFACELa tradition des origines troyennes de Rome a commencé a se poser comme tin probleme des le jour ou l'on a cessé de croire que la venue d'Enée dans le Latium appartînt au domaine des réalités historiques. Ouvert par la mémorable Lettre de Bochart le débat devait, comme nous le verron-î, se poursuivre de décade en décade ; la question n'est pas de celles qui se laissent durablement écarter, et l'on entrevoit assez bien plusieurs raisons de l'intéret vivace qu'elle a toujours suscité.Tout d'abord elle est sans cesse proposée a la réflexion par la présence de Virgile parmi nous. Aussi longtemps qu'on étudiera l'Enéide, le zele qu'inspire le poete ramenera toujours les esprits a se demander quels purent etre l'origine, le sens d'une légende aussi particuliere. Les historiens peuvent avancer leurs hypotheses ; les lecteurs attentifs ne leur manqueront pas pour les soumettre a un examen sans indulgence, d'ou naîtront a leur tour, et jusqu'a la découverte des solutions définitives, des systemes d'interprétation sans cesse renouvelés.D'ailleurs, a mesure que le critique, aiguillonné par le désir de mieux comprendre son Virgile, s'attache de plus pres au probleme que l'Enéide lui a posé, il y découvre presque toujours des intérets nouveaux et des horizons plus étendus.Pendant plusieurs siecles la légende troyenne de Rome a constitué a travers la Méditerranée une sorte d'axe légendaire ou d'innombrables traditions ont été rattachées. Légendes de Samothrace et de la Crete ou de Délos, légendes d'Epire ou d'Arcadie, de Sicile ou de Carthage,1. Samuel Bochart, Lettre a M. de Segrais, ou dissertation siir la question si Enée a jamais été en Italie, a la suite de la traduction de VEnéide par SegraiS, 1668-81 ; réimprimée en latin dans les ouvres completes de Bochart, t. I, Leyde, 1712, pp. 1063 sqq.