Bővebb ismertető
les Parisiens de La Bruyere
Introduction
L
je tricentenaire de la mort de La Bruyere et de la derniere édition originale des Caracteres a été l'occasion de proposer, a travers une exposition organisée a la Bibliotheque historique de la Ville de Paris, un regard nouveau sur l'ouvre de ce moraliste. Il s'agissait de mettre en parallele quelques-unes des remarques de La Bruyere concernant l'un de ses objets d'observation et de réflexion favoris, les Parisiens, et un certain nombre de gravures représentant ces memes personnages dans leur vie publique et privée. L'ambition était triple : donner a lire des extraits d'une ouvre trop souvent assimilée a des souvenirs de lycée rébarbatifs ; donner a voir un ensemble représentatif de l'art de la gravure de mours au xvii= siecle ; enfin, confronter deux modes de la peinture de mours, le mode littéraire et le mode iconographique, pour mettre en évidence un jeu d'échos et de contrepoints entre ces deux discours construits sur un objet commun.
Il s'agissait la d'une tentative originale : contrairement aux Fables de La Fontaine, illustrées des le xvni= siecle, le texte des Caracteres n'a que tres rarement éveillé l'imagination des peintres ou des graveurs, et aucun éditeur, avant le xix^ siecle, n'a pu ou voulu en proposer une édition illustrée. Ceci tient sans doute a ce que l'ouvre de La Bruyere est tout entiere une sorte de mise en garde contre les apparences : le travail du moraliste consiste souvent a démasquer les personnages qu'il observe, a dévoiler les ressorts secrets de leurs actions, a mettre a nu leurs mobiles et leurs sentiments réels. Ce dont La Bruyere parle est précisément ce qui ne se voit pas, ce que chacun s'efforce de cacher. Le fait d'illustrer son texte par des portraits de ces personnages qu'il s'efforçait de dépouiller de leurs apparences aurait pu ainsi passer pour un contresens - a moins, précisément, de jouer de l'ironie produite par la confrontation entre textes et images, comme ont souhaité le faire les organisateurs de cette exposition. Il est évident, au demeurant, que si la part de l'image est négligeable dans l'histoire éditoriale des Caracteres, elle est