Bővebb ismertető
INTRODUCTION
Il importe de souligner l'importance de la réédition par les Editions CHOUDENS de la partition du premier opéra important représenté de Georges BIZET : LES PECHEURS DE PERLES sous sa forme originale, fidele a la premiere édition chant et piano Choudens de 1863, reflétant la version suivie a la création et que connut seule le compositeur.
BIZET étant mort a 36 ans, trois mois apres la création de CARMEN , force était de se retourner vers ses oeuvres de début, en particulier LES PECHEURS DE PERLES , pour étendre son répertoire lyrique. Le compositeur n'étant plus la pour y apporter d'éventuelles retouches, on décida de le suppléer dans l'espoir d'assurer aux reprises un plus grand succes
Au 1er Acte, le Duo de Nadir et de Zurga s'achevait par un hymne a l'amitié un peu pompeux. La reprise substituée du "Theme de la Déesse" est efficiente a la scene, mais moins justifiée psychologiquement que la conclusion initiale : comment s'unir sous le signe de la musique associée a la source de désunion ?
Au 1er Tableau du 3eme Acte, deux fragments ont été rétablis dans le duo de Lélla et de Zurga. Dans le premier, Zurga confirme sa bonté, mais paraît un peu naif en croyant Léila qui lui affirme que "le hasard seul" avait guidé Nadir vers elle; par contre, elle-meme, par sa volonté de sauver Nadir a tout prix, meme en mentant, s'affirme un personnage plus dramatique. Le deuxieme fragment rétablit un élément essentiel de la force dramatique du duo. C'est un solo de Zurga : "Tu demandais sa ¦oie ", repris plus loin par Léila : "Va "prends aussi ma Die ", sentant la partie perdue, elle exhale sa haine contre Zurga en reprenant son theme vengeur a son propre compte (fragment qui était d'ailleurs traditionnellement coupé, en plus du solo de Zurga retranché des partitions !).
Le dernier Tableau fut remanié différeninent dans deux partitions posthumes successives (1885 et 1893). Le livret fut mis a jour de la premiere de ces partitions, mais on omit par la suite de le mettre a jour de la deuxieme. Or, le dénouement subsistant dans le livret (Zurga disparaissant dans les flammes d'un bucher) fut abandonné a la reprise a l'opé-ra-Comique en 1893, qui inaugura la version devenue courante (deuxieme révision).
Dans le dernier Tableau original, les personnages de Léîla et Nadir conservent un réel intéret dramatique. Nadir chante pendant "Le Choeur dansé" un émouvant solo ou il s'inquiete du sort de Léîla et affirme qu'il est pret a sacrifier sa vie pour elle. Puis, lorsque les deux amants sont réunis en vue d'etre châtiés, ils célebrent leur amour en un duo qui a le double mérite d'etre authentique de BIZET et parfaitement en situation. Il fut remplacé dans les deux partitions posthumes par un long Trio, étranger a BIZET et destiné a faire "tenir" la scene aux trois protagonistes (alors que Zurga devrait faire fuir au plus vite les deux amants) pendant que le Grand Pretre Nourabad, resté dissimulé et ayant découvert la trahison de Zurga, court au camp donner l'alerte.
Dans la version originale, Nourabad ne fait pas exception au départ précipité des Indiens pour lutter contre 1'incendie du camp et Zurga délivre Léîla et Nadir qui s'enfuient. Si les Indiens reviennent néanmoins, c'est qu'ils sont chassés par le feu qui se propage dans la foret ou se situe le dernier Tableau. Ils ne prennent meme pas garde a Zurga qui demeure, semblant veiller au salut de ses amis et ne pas vouloir échapper au feu qu'il a allumé.
J'avais signalé depuis longtemps ces transformations des PECHEURS de PERLES , mais c'est le succes de la production de John MOODY pour l'Opéra National du Pays de Galles qui a déterminé les Editions CHOUDENS a publier une édition bilingue revenant a la partition originale.
John et Neil MOODY rédigerent une nouvelle traduction anglaise se conformant au dénouement original demandant a Arthur HAMMOND de réorchestrer les fragments rétablis, le manuscrit orchestral de BIZET ayant disparu.
J'ai ajouté, au dernier Tableau, les indications de décor et de mise en scene du livret original, la partition de 1863 n'en contenant pratiquement aucune, et j'ai supprimé les recommandations de coupures insérées précédemment dans la partition chant et piano.
Michel POUPET