Bővebb ismertető
Chapitre premier
S UR la plus haute marche de l'escalier, une silhouette imprécise est venue s'échouer au petit matin. Une longue natte de cheveux roux traîne sur la pierre parmi les crottes de poule. Une tete posée sur deux bras repliés, un tricot rouge et deux souliers délacés : c'est ça qu'a vu Gousta-Soulet, en ouvrant sa porte cloutée de rouille, solide sur ses gonds. Cette porte, c'est comme toutes les portes d'ici. Faite de grosses planches de châtaignier, sans vitres, elle fait beaucoup de bruit quand on l'ouvre.
Pourtant l'enfant n'a pas bougé. Le chien non plus. Il a poussé un gémissement, mais n'a pas aboyé. Une chose étrange que comprennent les animaux avant les hommes : celle des secrets perdus des mondes invisibles, des vérités profondes.
Gousta-Soulet s'est penché et, du bout de son pied, a donné un petit coup sec sur les jambes de la fillette. Elle a sursauté, s'est dressée en chancelant, et deux mains se sont tendues vers lui, comme si elle appelait au secours. Mais dans son geste, il y a autre chose, une chose qu'il ne comprend pas. Stupéfait, il regarde la fillette, et elle regarde le vieil homme. Et c'est ce silence d'un moment qui le trouble.
— Ça, alors ! mais qu'est-ce que tu fais la ?
La fillette a baissé les mains sans rien dire.
— Et alors ? Tu es sourde ? Mais tu ris, ma parole ! Ou tu te fous de moi ?
La fillette ne dit toujours rien. Et c'est vrai qu'elle rit. Tout son visage rit. « Comme elle a des dents blanches ! » pense Gousta-Soulet. Elle a monté la derniere marche et elle rit toujours. A présent sortent de sa gorge des sons qu'il ne comprend