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12 décembre 1896.
Mon bien cher ami,
Je suis impuissant a exprimer ce paroxysme de la joie de mon cour lorsque, dimanche matin, j'ai lu votre lettre. Depuis huit jours, des caresses et des bonheurs m'entourent : pres de moi, la ou je suis, sur cette table d'ou je vous écris, je sens votre présence blonde et douce, faite de beauté. Ah 1 tout le bon tonnerre de Dieu de votre âme, il me semble le vivre, et je m'exalte en lui, et je vous vis. Moi aussi, je suis bien ardent, et j'ai des flammes au cour pour tout ce que je pense et pour tout ce que je fais. Toute chose humaine doit etre vécue en enthousiasme, il faut se mouvoir au monde comme un enragé, et aimer ses amis par-dessus toute chose vivante. Mais je ne sens pas pour vous que cette amitié qui clame, il y a aussi les sentiments graves des instants de repos, et je regarde vers Bruxelles, et je pense a vous, et je vous vois. Votre image n'est pas tres précise pour ce qui est des traits du visage, je n'ai pu deviner si vous etes brun ou blond : ce que je