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PRÉFACE
LE VIOLON D'INGRES
«Il paraît peu de livres aujourd'hui qu'on ne fasse précéder d'une longue préface, qui est, en quelque sorte, un second livre sur le livre»: cette précaution, Liszt l'admettrait pour les compositions musicales de l'école modeme; il la juge «superflue a beaucoup d'égards, lorsqu'il s'agit d'un livre écrit en langue vulgaire». Et cette remarque, dans la deuxieme des Lettres d'un bachelier es musique, aurait de quoi décourager leur nouveau préfacier, s'il ne trouvait dans ces lignes memes matiere a une ébauche de commentaire.
La précaution inutile renvoie au Barbier de Séville, a la comédie de Beaumarchais (Liszt cite Brid'oison), a l'opéra de Rossini, qu'il considere comme un chef-d'ouvre, et surtout comme une ouvre faite pour un homme heureux. Un homme heureux, comment ne le serait-il pas, ce Franz Liszt qui, sans céder a la vanité, sait quelle est, depuis ses débuts d'enfant prodige, sa gloire de Paganini du piano? Il est arrivé a l'illustre violoniste de n'attirer, dans telle bourgade italienne, qu'une élite