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S'il existe une ouvre de circonstance qui s'est imposée par ses mérites a l'attention et a l'admiration des siecles, ce sont les Provinciales de Pascal. Nées d'un incident d'importance médiocre, écrites presque de semaine en semaine pendant quelques mois sans que leur auteur meme sut combien de temps il poursuivrait son entreprise, elles restent pourtant l'une des plus grandes ouvres du siecle, l'une des plus lues et des plus admirées de toute notre littérature.
On sait comment Pascal fut amené a les écrire. En janvier 1656, Antoine Arnauld est sur le point d'etre chassé de la Sorbonne par une majorité gagnée au parti moliniste. Il se cache et prépare une apologie. Il la lit a ses amis. Ils n'en sont pas satisfaits. Pascal, qui est la, se propose pour en écrire une, et huit jours apres, la premiere Provinciale était prete.
Le succes fut foudroyant. Les Parisiens s'amuserent de tant d'impertinence, de tant d'esprit, ils admirerent une intelligence qui osait enfin porter la lumiere la ou les théologiens avaient accumulé les obscurités. Pascal fut donc conduit a continuer ses Petites lettres, comme on prit l'habitude de les appeler. H en donna encore dix-sept autres. Non pas pour mener jusqu'au bout un projet d'avance établi. Il avait voulu s'arreter a la huitieme. Quand il écrivit la XVII®, il crut, et ses amis de Port-Royal crurent aussi, que ce serait la derniere. Il publia la XVIII® au mois de mai 1657, et il en prépara une XIX®, mais les péripéties de la querelle, qui avaient déterminé la publication successive des Provinciales, en déciderent aussi l'interruption définitive.
Nées de la controverse soulevée par deux Lettres d'Antoine Arnauld, elles avaient eu d'abord, et tout naturelle-