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Paula quitta Pennistone juste avant l'aube.
Il faisait nuit quand sa voiture franchit les grilles et prit la direction de la lande. Mais, lorsqu'elle atteignit la route qui traverse les montagnes Pennines, le ciel changeait déja. Sa voute grise se teintait peu a peu d'améthyste, de rose, de vert pâle. A l'horizon, le soleil levant lançait ses premiers éclairs d'argent. En cette heure indécise ou le jour lutte contre la nuit, la lande semblait encore plus déserte dans son immensité silencieuse. Alors, d'un coup, une lumiere cristalline qu'on voit seulement au nord de l'Angleterre se déploya glorieusement dans le ciel. Le jour était levé.
Paula poussa l'Aston-Martin a vive allure, en aspirant a pleins poumons l'air frais qui entrait par la vitre baissée. Il fait toujours froid sur le plateau, quelle que soit la saison. Paula savait que la journée s'annonçait étouffante et elle se félicita d'etre partie de bonne heure pour Fairley.
En cette fin d'aout, les bruyeres en fleur recouvraient la lande, déroulant a perte de vue mille nuances de violet et de magenta. Paula s'arreta au bord de la route et descendit de voiture pour jouir de cet admirable spectacle. La lande de grand-mere, pensa-t-elle avec émotion. Cette lande que j'aime autant qu'elle la chérissait. Que Tessa et Linnet, mes filles, ont appris a aimer, elles aussi
On entendait au loin le trille aigu des alouettes, le murmure d'un ruisseau sur la pierre. La fraîcheur du matin s'emplissait de senteurs ou se melaient bruyere et myrtilles, fougeres et fleurs sauvages. Dans le ciel bleu tendre, les rayons du soleil semblaient jouer avec de petits nuages, ronds et blancs comme des touffes de coton. Rien au monde, se dit-elle, ne surpasse la beauté de ces landes que je n'avais
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