Bővebb ismertető
L'idée de Nature est de celles qui semblent défier toute enquete historique : ^pv^jç, natura, nature Plutôt que de rhistoire, cette notion ne releve-t-elle pas d'une philosophie intemporelle? Mais voici que les philosophes la renient, que les poetes et les artistes l'abandonnent, et qu'a l'autre bout de la chaîne son origine se dévoile, contemporaine des premiers efforts de la philosophie grecque. D'Héraclite et de Parménide a Apollinaire, Breton ou Sartre, cette idée « éternelle » aura vécu moins de vingt-cinq siecles. Cessons donc d'etre dupes de sa pérennité illusoire : toutes les idées sont mortelles, bien qu'elles ne jouissent pas d'une égale longévité. Le rôle privilégié de l'idée de nature dans la pensée occidentale ne pouvait lui épargner le sort commun : elle aussi, comme eut dit Lucien Febvre, est gibier d'historien.
Dans la mesure ou elle secoue le joug de la nature, notre époque est en état d'en faire l'histoire. Cette histoire, trop longue pour un seul livre, nous n'avons pas la prétention de l'écrire tout entiere. Mais il ne nous est pas possible de nous enfermer dans l'un de ses épisodes en ignorant tous ceux qui l'ont précédé. Riche en idées neuves, le xviii® siecle n'a pas inventé la Nature. Tout au plus l'a-t-il retrouvée, renouant pour ses besoins propres avec la philosophie de la Renaissance et celle de l'Antiquité gréco-latine. Et ce siecle passionnément antichrétien est aussi resté tributaire d'une tradition chrétienne qu'il croyait renier. Examinons donc brievement, de ces deux points de vue.