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TRUMAN ET SES «MASQUES»
Eté 1951 Juin touche a sa fin et le peuple hongrois se prépare a la moisson. La terre est a ceux qui la travaillent et les paysans ont baptisé la récolte de cette année « Moisson de la Paix ». Ils savent qu'en travaillant bien ils consolident les forces de paix. Il est cependant des paysans qui posent la faux» quittent la batteuse pour gagner Budapest et prendre place dans la saUe d'audience du Tribunal Départemental ou, aux côtés de métallos et de mineurs, de professeurs et d'écrivains, de pretres restés fideles au peuple et de fonctionnaires, ils suivent avec attention les débats du proces Grősz. Il y a dans la salle certains ouvriers qui arrivent difficilement a maîtriser leur indignation en entendant qu'un des buts principaux des accusés était de restituer les usines a leurs anciens propriétaires, dont la plupart ont fui a l'étranger. Plus d'un auditeur pense a sa propre enfance malheureuse lorsqu'un des accusés, le sieur Hagyó-Kovács, ancien intendant d'un grand domaine, raconte sans sourciller qu'il avait jeté des fourches dans l'étang du domaine pour que les enfants des domestiques ne puissent s'y baigner. Par suite de cette mesure inhumaine, l'enfant d'un ouvrier agricole a perdu la vie. Tous les auditeurs serrent leurs poings quand les accusés répetent, les uns apres les autres, qu'ils attendaient d'un instant a l'autre que la troisieme guerre mondiale soit déclenchée, sachant fort bien que sans celle-ci, sans les armes américaines, ils ne pouvaient meme pas songer au renversement de la démocratie populaire hongroise.
Celui qui n'a point vécu dans une démocratie populaire ne peut que bien difficilement imaginer l'écho que souleve un proces de cette importance dans l'opinion publique. Usines et chantiers, coopératives agricoles de production et stations de machines, mines et Facultés, Instituts de recherches et ministeres envoient leurs représentants dans la salle d'audience pour y suivre attentivement les séances et prendre des notes, afin de pouvoir ensuite rendre compte de ce qu'ils auront vu et entendu. Bien plus, tous les soirs des centaines de milliers, peut-