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CEUX DE PENMUR
Il soufflait un si rude vent d'hiver, que Jean-Guillaume Maguern, qui portait encore le chapeau breton, fut obligé d'assujettir son feutre a rubans de velours, que la bourrasque menaçait d'emporter. Il lâcha la corde, a laquelle était attachée une jeune taure qu'il venait d'acheter ; il posa, sur la calotte de feutre noir, ses deux mains, et l'enfonça jusqu'a ce que le front tout entier fut caché et serré par l'étoffe.
« A présent, grommela-t-il, si le vent veut mon chapeau, il faudra qu'il enleve ma tete avec ! ».
Puis, se détournant, et regardant la génisse, qui s'était mise a paître une herbe courte, sur le terrain en pente, il dit :
« T'en as assez, ma pauvre, et moi aussi ! Mange un morceau ! La demoiselle du Grand Néant ne dira rien : c'est du bon monde. »