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CHAPITRE PREMIER
« Adeline! » Hurlé a pleins poumons, le prénom se perd, se dissout dans le vacarme de la rue. Les voisins de Gilles n'ont meme pas tourné la tete, pressés de poursuivre leur route, jouant des coudes pour dérober quelques minutes au temps qui les gagne de vitesse.
Comme chaque soir, la foule déferle de partout dans la rue Saint-Lazare, envahit la chaussée, se faufile entre les voitures prises au piege, immobiles et impuissantes. C'est un conglomérat mouvant de gens emmitouflés que les lumieres des vitrines — Noël sera la dans trois semaines — n'arrivent pas a retenir.
Adeline porte un manteau et une toque de fourrure. Elle va dans le meme sens que tout le monde, entraînée par un courant qui meurt dans la cour de la gare en un remous a peine fluctuant. Si, du haut des marches, Gilles n'avait dominé la cohue, jamais il ne l'aurait aperçue. Voila plusieurs jours qu'il la cherche vainement, désespérément. N'est-il pas monté a Paris, comme on dit a Nice, expres pour cela ?
Dans cette métropole qu'il ne connaît pas, il a déambulé sans rien voir, obnubilé par son idée fixe. Il a usé son courage et ses jambes en démarches inutiles. Inutiles ? Ce soir l'épithete est impropre puis-