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CHAPITRE PREMIER
« Les Anglais ne sont en aucune façon les hommes les plus intelligents de la terre. Ce ne sont pas non plus les plus braves. Et ce ne sont certainement pas les plus beaux. Mais ce sont, sans aucun doute, les plus remarquables. »
Ce tribut mitigé fut rendu a l'Angleterre par un homme d'Etat français, a la fin du xviii® siecle. Ceci se passait dix ans apres la perte des colonies américaines. La France avait aidé les Etats-Unis a rompre avec l'Empire britannique dont elle voulait ainsi précipiter la chute — mais la France allait au-devant d'une désillusion. La Grande-Bretagne ne fit pas mine d'envahir la nouvelle Union avec des troupes fraîches, non plus que d'immobiliser de grosses sommes d'argent a mettre le blocus devant les côtes américaines ; elle tourna plutôt ses regards vers l'Orient. Ayant perdu la moitié d'un empire en Amérique, les Anglais se mirent aussitôt a s'en tailler un autre en Asie. Sans regrets et sans écrire de vaines épopées, la Grande-Bretagne mit en chantier les navires et l'organisation destinés a coloniser l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la plus grande partie de l'Asie da Sud-Est et plusieurs douzaines d'îles dans le Pacifique. Et le lion britannique jeta ses premiers regards sur la Chine.
Les Français furent tres surpris de voir l'Angleterre insister si peu en Amérique. Dans les jeux de l'impérialisme, la France a toujours" eu la faiblesse, chaque fois qu'elle perd une partie de cricket politique, de perdre aussi un quart de siecle a discuter avec l'arbitre.
En Orient, l'Inde était la pierre angulaire de l'Empire