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MARCEL LANDOWSKI
par Antoine GOLÉA
C'était un jour de printemps de 1949 chez Pasdeloup, Albert Wolff était au pupitre. Au programme : « Jean de la Peur », (La Premiere Symphonie) de MARCEL LANDOWSKI. Un musicien me fut révélé ce jour-la, pour qui la musique, de toute évidence, était autre chose qu'un pur jeu sonore. Landowski se révélait tout de suite de la lignée philosophique et métaphysique de la musique; une lignée illustre, dont le plus génial représentant universel reste Beethoven, la lignée qu'un Honegger, dans la premiere moitié du XX" siecle, et souvent contre vents et marées, devait illustrer d'une ouvre immense et généreuse.
Contre vents et marées : cette montée a contre-courant devait rester également le lot de Marcel Landowski. Que devenir, entre des recherches de langage, certes légitimes et meme profondément nécessaires, d'une part, et la volonté de sécheresse d'un néoclassicisme triomphant sous l'égide de Strawinsky d'apres 1925 d'autre part. Les premieres, l'esprit de Landowski ne leur a jamais accordé une importance excessive; il est de ceux qui pensent que ce qu'on dit est plus important que la maniere dont on le dit, et que la maniere, c'est-a-dire le langage et la forme, ne s'identifie pas forcément avec le fond. A-t-il, sur ce point, raison ou tort ? La question est oiseuse, car ce qui importe, en définitive, c'est la portée d'une ouvre, le résultat qu'elle représente, et non point les sources théoriques d'ou elle est issue.