Bővebb ismertető
Or
'N m'a trouvée endormie au milieu des brebis, la-haut, un jour de grand soleil, au pied d'un genévrier. C'était a l'automne de l'année 1901. Je me suis demandé souvent qui m'avait couchée la, sur un lit de mousse blanche, entre les baies sauvages, et je n'ai jamais su le jour exact de ma naissance. Il y avait une feuille de papier glissée entre la couverture de laine et ma peau, ou quelqu'un avait écrit : « Elle s'appelle Marie. » C'est pourquoi on m'a longtemps appelée « Marie des brebis ».
Celui qui m'a trouvée, lui, s'appelait Johannes. C'était le pastre de Maslafon, un hameau perdu dans les bois de chenes, la-bas, sur les collines, a trois lieues de Rocamadour. La greze ^ oii il gardait son troupeau se trouvait a moins d'une lieue du hameau. Aussi n'y revenait-il que tous les deux ou trois jours, pour les provisions. Il m'a gardée et m'a nourrie au lait de brebis. Je n'ai jamais su pourquoi. C'est vrai qu'il était un peu original, Johannes : il parlait a la lune, la nuit. Peut-etre aussi avait-il besoin de compagnie, ou alors son chien ne lui suffisait pas. En tout cas, il m'a emmenée dans la bergerie au milieu des brebis — chez nous, sur le causse du Quercy, on dit « brebis » et non pas « moutons » : moi, je trouve que c'est plus joli,
1. Lande d'arbustes et d'herbe rase.
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