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MÉDITATION PREMIERE
L'ISOLEMENT
Souvent sur la montagne, a l'ombre du vieux chene, Au coucher du soleil, tristement je m'assieds; Je promene au hasard mes regards sur la plaine. Dont le tableau changeant se déroule a mes pieds.
Ici, gronde le fleuve aux vagues écumantes, Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur; La, le lac immobile étend ses eaux dormantes Ou l'étoile du soir se leve dans l'azur.
Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres, Le crépuscule encor jette un dernier rayon; Et le char vaporeux de la reine des ombres Monte, et blanchit déja les bords de l'horizon.
Cependant, s'élançant de la fleche gothique, Un son religieux se répand dans les airs, Le voyageur s'arrete, et la cloche rustique Aux derniers bruits du jour mele de saints concerts.